Rome and its wonders #2: The Vatican + Questioning

Ça vous est déjà arrivé, de ne plus vous reconnaître? De ne plus savoir qui vous êtes, ni même vraiment ce que vous voulez être. C’est ce qui m’est arrivé au printemps dernier.

Pour moi, écrire, c’est partager ce que je ressens, c’est être vulnérable et honnête. Je ne me sentais pas capable de faire ça à ce moment là. Je n’avais tout simplement pas envie de parler. Pas envie d’offrir à qui que ce soit la moindre parcelle de mon esprit ou de mon coeur. Je ne voulais plus qu’on utilise tout ce que je disais contre moi. Je voulais me barricader de toutes parts.

Je ne suis pas entièrement sûre de ce que je ressens aujourd’hui non plus, mais j’ai quand même envie d’écrire. Ce silence me pèse. C’est vrai, j’ai changé. Mais je ne crois pas que la personne que je suis devenue mérite de vivre en paria. J’ai beaucoup écrit de mon côté ces derniers mois, et je me sens enfin prête à partager plus de ma vie, petit à petit. Alors pour cet article, je vous emmène au Vatican, et je retourne au mois d’avril.

Have you ever felt like you had no idea what you were doing or who you were? I have, a few months ago, and I feel the same way today. I have stayed away from this blog for a long period of time, and there is a reason for that. To me, writing is a way to be completely and unapologetically true to myself. So when I don’t understand what is going on in my head, writing scares me. 

But tonight, I feel the need to do it anyway. Because nothing else seems to work. I want to talk about this, and I want to talk about God. So let me take you back to the Vatican, and back in April.

En janvier, j’ai eu le coeur brisé. Honnêtement, je ne suis pas sûre de m’en être complètement remise. Je crois que ce qui m’a fait mal, c’est que pour la première fois, j’étais vraiment amoureuse. Pas d’une fantaisie, pas de quelqu’un d’imaginaire, pas d’une histoire qui n’existait que dans mes rêves, mais de quelque chose et de quelqu’un de réel. Cette relation, elle comptait vraiment. J’ai trop attendu pour lui dire ce que je ressentais, pour la simple raison que je n’avais pas envie de me sentir vulnérable. Et quand j’ai réalisé que c’était vraiment fini, j’ai disjoncté. J’ai décroché des cours, assise en face d’un tableau qui se remplissait d’équations insensées, coincée dans ce petit bout de monde auquel je ne m’étais jamais sentie appartenir.

In January, I got my heart broken. I’m not entirely sure if it has healed yet, but I do feel a little better about it than I did back then. The love that I had for this guy was unlike any other, in that it was real. It was not based on a fantasy, but on actual moments together that made me feel safer than ever. It took me a long time to admit that I liked him, because to me, that meant being vulnerable, and it’s not something I enjoy very much. And when I finally opened up, I guess it was just too late for him. When I realized that we were really over, it hurt like hell.

Je me rappelle de chaque détail de cette soirée de janvier. Mais après plus d’une heure à écrire, je me rends compte que je n’ai pas envie de partager ce moment. Je dirais simplement que j’ai décidé de ne pas pleurer sur le coup, parce que je m’étais maquillée et qu’il était temps d’aller à la soirée de mon amie. Quand j’y suis arrivée, j’avais l’impression que rien ne comptait, qu’être raisonnable n’avait pas plus de sens que de faire n’importe quoi. À quoi bon? Vide d’amour, pleine d’alcool, je dansais et chantais à en perdre haleine avant de tomber sur le canapé, comme absente de mes propres pensées.

Une, deux, trois nuits à boire. À faire n’importe quoi. Est-ce que je me suis vraiment amusée? Je ne sais pas. J’ai perdu la notion du temps, de ce que je voulais et de tout ce pour quoi j’avais travaillé.

Je me sentais loin, très loin de moi-même, et des autres aussi.

Et plus les rumeurs prenaient de l’ampleur, plus mon mal-être empirait, plus je me taisais. Comme si je me foutais des conséquences. Comme si je n’avais pas honte, quand la honte était le seul sentiment qui semblait me rester. Pas honte de ce que certains qui liront cet article pensent, non, honte d’avoir blessé l’une des personnes que j’aime le plus au monde. Au lieu de noyer mes démons, j’ai joué avec eux. J’ai dansé au bord de la falaise, et je suis tombée de très haut.

Et tous ces gens qui chuchotaient dans les couloirs, qui s’écartaient sur mon passage, ces regards qui me scrutaient, ces histoires à milles lieux de la réalité qui circulaient. Mais ils n’auront pas réussi à me voler de l’amour qu’un autre a su me donner en secret. C’est ce qui m’a donné la force de mettre le doigt sur ce qui a tout fait basculer, sur qui j’étais désormais, et qui je voulais être.

I felt empty for a while. Like nothing mattered. I did not want to be reasonable anymore. I felt very far from myself, and from others as well.

I got drunk. Very drunk. One night. Two nights. Three nights. And then I lost track of time, of what I wanted, of everything I had ever worked for. And I did some dumb stuff. I hurt people. I hurt myself, too. I almost ruined the most meaningful and precious friendship I ever had. I fell behind in school. I was overwhelmed by the rumors about me. I didn’t feel like I belonged anywhere. Self-destruction became some kind of hobby. And I acted like the consequences didn’t matter. Like I wasn’t ashamed when shame was actually the only thing I could feel at that point. My demons were trying to ruin my life, and I played along with them. 

Je voudrais m’excuser pour la peine que j’ai causée. Je suis vraiment désolée. Je n’ai jamais voulu faire de mal à qui que ce soit, si ce n’est à moi même. Et je voudrais remercier celle qui a accepté mes excuses. Je me suis mal comportée. Et, faute de pouvoir me racheter pour cette soirée là, je réitère ma promesse de devenir meilleure. Et aussi, je t’aime très fort. J’espère que tu le sais, même si je n’arrive pas à le montrer comme il le faudrait.

And I just want to say how sorry I am. I am so, so sorry. I never meant to hurt anyone, but me. I am thankful for the fact that my friends accepted my apology. 

Aujourd’hui, je suis de nouveau un peu perdue. Et ce n’est pas à cause de la personne dont je parlais précédemment. Assise ici, dans ce lit, dans un autre pays, à des milliers de kilomètres de l’endroit où je suis née, je suis toujours perdue. Mais cette fois ci, je ne veux pas laisser ça détruire tout ce pour quoi je me suis battue. Assise dans ce lit, me remettant de la crise d’angoisse de ce soir, j’écris. J’écris parce que m’ouvrir à vous est bien plus efficace que de boire.

Aujourd’hui, je ne sais toujours pas vraiment où je vais. Mais je me sens le courage de le découvrir petit à petit, sans finir une bouteille pour inhiber ce foutu sentiment de peur de l’inconnu. Je m’autorise à ressentir la douleur, au lieu de la noyer dans une énième fête où mes démons auraient l’occasion de foutre ma vie en l’air une nouvelle fois.

Et entre tous ces moments de questionnement, je prie aussi. Je prie parce que quand les personnes que j’aime sont endormies, de l’autre côté de l’océan, Il est tout ce que j’ai. Il est celui à qui je peux toujours me confier. Celui qui pardonne, Celui qui accepte, Celui qui me donne la force dont j’ai besoin pour continuer à avancer. Quand je crois ne mériter aucun amour, il m’en donne toujours plus. Et quand je prie, j’ai l’impression que tout ça a un sens bien plus grand que tout ce que je peux imaginer.

Today, I am still confused. And it’s not because of the guy I was talking about earlier. Sitting here, in this bed, in another country, thousands of miles away from where I was born; I am still confused. But this time, I don’t want to let that confusion destroy everything I ever worked for. Sitting here, in this bed, I am recovering from tonight’s panic attack. And I am writing because opening up to you guys is a lot more helpful than drinking and creating more drama.

In the midst of all this questioning, I am also praying. Praying because when my people on the other side of the ocean are sound asleep and cannot answer the phone, He is all I have. He is the one I can always talk to. The one who accepts me as I am, even if I don’t really know who I am yet. He forgives. He gives me the strength to go on. Knowing that He is by my side and that He has a plan is comforting and empowering. And when I pray, I feel like maybe all of this has a meaning much deeper than what I can imagine.

Je crois que ce que j’essaye de dire, c’est que c’est normal de souffrir. C’est normal. Croyez-moi, je comprends ce que c’est. Ça m’a pris trois heures de me faire quelque chose à manger ce soir, tellement je n’en avais pas le coeur. Mais quoique vous ressentiez en ce moment, ne laissez pas ça détruire tout ce pour quoi vous vous êtes battue.

I guess what I am trying to say is that it’s okay to suffer. It’s okay not to be fine. It’s okay. I know the feeling. It took me three hours to get myself to eat something tonight. But whatever you’re feeling right now, don’t let it destroy everything you ever fought for.

Avec tout mon amour / With all my love,

xo, Ari.

P.S.: Voilà d’autres photos de la magnifique Basilique de Saint-Pierre.

P.S.: Here are some more pictures of the inside of the Basilica di San Pietro.

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