Opening up about my anxiety

Novembre 2016. Auditorium du lycée.

Je vois le sol mais je ne le sens pas sous mes pieds. La pièce semble s’éloigner de moi. Tornade de pensées angoissantes. Une force compresse ma poitrine, m’empêche de respirer. Coeur. Battements, rapides, forts, plus bruyants que tout. Nausée. J’ai mal à la tête, tellement, tellement mal à la tête. Corps. Mon corps est en train de tomber. Enfin, je crois. Je ne suis plus sûre de rien. Voix. Voix lointaines, mots qui s’entrechoquent, s’éloignent, résonnent sans faire sens. C’est flou, puis tout noir. Quelqu’un arrive. Quelqu’un va m’emmener. Je sais où, et je n’ai pas envie d’y aller. Je n’ai pas envie d’expliquer.

Je ne parlerai pas.

Mai 2017. Train.

Je suis devenue mutique. Consumée par la peur et la honte. C’est la sixième fois de la semaine. Je n’ai plus le choix. Si je veux vivre, je vais devoir parler.

November 2016. School. 

I’m standing, surrounded by other students. I’m staring at the floor. And slowly losing myself. It feels like I’m falling into a hole. The painful memories in my head make me feel completely powerless. Like I’m drowning in these moments. 

Out of nowhere, I feel a weight pressing on my chest. I can’t breathe. I feel sick. My heart starts racing and I can’t focus on anything but its pace. There we go. I wanted to stop it, I wanted to avoid it, and I couldn’t. It’s all my fault. I screwed up again. Someone is going to hear me, see me, and then what will I do ? My vision gets blurry, and suddenly the room is pitch black. I hear voices, but don’t recognize them. The words I’m hearing seem to be far away from me, and they don’t make any sense. I don’t understand them. My head is spinning, I’m nauseous. My body is giving up and I feel it falling. My back aches so much that it makes me want to cry. I know I’m gonna pass out in a few seconds. I wish I could fight, but it feels like I’ve already fought so much. I’m just tired. A part of me wants someone to save me, but an other part of me wants to give up. Someone’s coming. But it’s not someone I trust. It’s not someone that makes me feel safe. I don’t want to follow her. I know where she’s gonna take me, and I know what she is going to ask me. And I don’t want to talk. I don’t want to explain.

May 2017. Train.

I don’t have a choice anymore. It’s the sixth time of the week that ‘this’ happens. If I want to live, I’m gonna have to talk.


Parfois, c’est bien de garder sa vie personnelle privée. Mais parfois, parler de ses problèmes ouvertement peut aider plus de gens que l’on ne croit. Et je pense que c’est le cas pour moi, pour cette situation en tous cas. Depuis maintenant plusieurs mois, j’ai gardé secret ce ‘truc’. J’ai préféré prétendre que tout allait bien, jusqu’au moment où ça m’a, pour ainsi dire, explosé à la gueule. Je pensais que ce que je vivais ne valait pas la peine d’être partagé, je pensais que c’était quelque chose dont je devais avoir honte, parce que ça me rendait “faible”.

J’aurai aimé pouvoir vous dire que j’ai réalisé par moi-même que ce n’était pas vrai. Mais il m’a fallu des mois pour reconnaître que j’avais perdu tout contrôle. Le contrôle, cette notion qui gouvernait ma vie depuis déjà 3 ans. L’arme que j’avais choisie pour me protéger de ce monde qui m’avait tant blessée. L’arme qui s’est retournée contre moi en se transformant en une peur incontrôlable (c’est le cas de le dire).

Vous devez vous demander ce que c’est que ce “truc”. Moi aussi, je me suis demandée. Ça s’appelle l’anxiété. Elle se manifeste par de nombreuses manières, et notamment par des crises d’angoisses, comme celle que j’ai décrite quelques lignes plus haut.

Ce que je voudrais, à travers cet article, c’est plutôt partager mon expérience et mes conseils par rapport à ça, et pas vraiment rentrer dans les détails des symptômes et différents troubles de l’anxiété. Mais si vous souhaitez en savoir plus d’un point de vue médical, je vous redirige vers cet article.

Alors voilà, bien sûr je ne suis pas une professionnelle, mais j’aimerais vous parler de l’anxiété, de ce que c’est que vivre avec au quotidien, répondre à des questions que mes proches m’ont posé et que vous posez peut-être aussi, et enfin donner des solutions à ceux et celles qui sont dans la même situation que moi. Cet article est adressé à la fois à ceux touchés par l’anxiété et à leurs proches. Avant de commencer, je préfère vous prévenir : cet article va être un peu long, alors si vous avez envie, faîtes vous un café/une tasse de thé et installez-vous confortablement!

Sometimes, it’s good to keep your personal life private. But sometimes, being open about your struggles can help a lot of people. I feel like that’s the case for me. I’ve been keeping a secret for the past few months. Because I thought no one would want to hear it. Because I thought that this secret, this thing, made me weak. I thought I ought to be ashamed of myself. But now I know that I don’t. I know that the best thing to do to protect myself is to let go and talk. Explain what is going on in my head. Because putting on a fake smile only made things worse. 

So what is this “thing”, really ? Well, I’ve asked myself this question for a long time before finding the answer. It’s called anxiety. There are many symptoms of anxiety, and one of them is having panic attacks, like the one I just described.

In this blog post, I want to talk to you about my experience with anxiety and give you some advice on the matter. I’m not going to go into the details and give a thorough explanation of the different types of anxiety disorders, simply because I’m not a professional. But if you want to know more about the symptoms of anxiety and those sort of things, I recommend you this great article (click here).

This blog post is going to be like a Q&A about anxiety. If you have more questions, be sure to leave them in the comments and I’ll be happy to answer them ! Before we start, let me warn you that this blog post is quite long, so you might want to grab a cup of tea and sit comfortably before reading more !

Why do you get anxious ?

Tout d’abord, la question qui revient le plus c’est : pourquoi ? Pourquoi l’on est anxieux ?

Et ce que je vais dire va peut être vous surprendre mais c’est pourtant vrai : on ne sait pas toujours !  Ce qui rend les crises d’angoisses si effrayantes, c’est justement qu’on ne comprend pas forcément d’où elles viennent. Bien sûr, il y a certains ‘déclencheurs’ propres à chaque personne (par exemple, l’école, un bus bondé, un café bruyant) mais parfois ça peut être plus subtil et difficile à comprendre, d’où l’intérêt de demander de l’aide à un professionnel pour y voir plus clair.

This question is the one that I get asked all the time. And the problem is that I don’t have an answer to give. I know, this must sound weird. But it’s true ! The thing that makes panic attacks so scary is that you don’t always understand them. Sure, there are certain triggers for every person suffering from anxiety, but a panic attack can also come out of nowhere. Sometimes, you even panic because you’re scared to have a panic attack ! I know, so ironic …

Et le problème lorsque quelqu’un pose cette question, même si ça part d’une bonne intention, c’est que c’est vraiment frustrant pour la personne qui souffre d’anxiété de ne pas pouvoir donner de réponse. Ça peut même être très stressant si on répète cette question des dizaines de fois quand quelqu’un est en pleine crise d’angoisse ! Bien sûr, il faut aborder tôt ou tard les causes profondes de l’anxiété chez cette personne, mais le mieux est de proposer de le faire avec un professionnel et de faire cette proposition à un moment opportun.

Asking this to someone with anxiety is like asking someone with depression why he or she is sad. Mental illness is not something rational. There’s not always a logical explanation for the way you’re feeling, and even when there is one, it can take years of therapy to understand it perfectly. My point is don’t expect someone with anxiety to always know why he or she is panicking. This only makes us feel guilty and frustrated because we don’t understand what is going on in our head. So if someone is having a panic attack, the best way to help them is to ride the wave of panic with them instead of asking them right away what is going on when they are in no position to answer because they have to deal with the panic at the moment.

What’s the difference between anxiety and stress ?

Tiens, ça c’est une autre question qui ne m’a pas beaucoup été posée, mais à laquelle je me suis tuée à répondre ces derniers temps pour tenter de faire comprendre ce qui m’arrivait. Quelle est la différence entre une personne stressée et une personne qui souffre d’anxiété ?

Le stress est causé par un évènement ou une situation stressante. L’anxiété, c’est lorsque le stress continue alors que la situation/évènement est passée et qu’il n’y a plus de raison d’être stressé. L’anxiété est un sentiment d’appréhension, de peur ou de malaise qui est souvent accompagné par le sentiment de danger/mort imminente à laquelle on ne peut pas échapper. Et honnêtement, ça peut paraître “extrême” mais c’est vrai que c’est difficile de se dire que tout va bien se finir quand on s’étouffe, que notre coeur bat incroyablement vite et que les migraines nous épuisent. Et enfin, l’anxiété peut finir par gâcher entièrement la vie de quelqu’un et devenir un vrai handicap au quotidien quand on ne reçoit pas d’aide. Par exemple, quelqu’un peut être stressé pour un examen, mais quand la personne n’en dort pas pendant des nuits et fait plusieurs crises d’angoisses en y pensant, là, il y a un vrai problème d’anxiété.

Il y a donc bien une différence entre le stress et l’anxiété, et elle c’est important de la souligner, parce que j’ai arrêté de compter les fois où l’on m’a dit “Moi aussi, je suis stressé, mais je fais quand même des efforts/je travaille/je ne me plains pas” : en gros, comme si l’anxiété était un prétexte que l’on s’inventait pour être paresseux et ne pas se confronter aux réalités de la vie. Alors que 1) Ce n’est pas un choix, on ne se dit pas “tiens, je vais voir si paniquer peut m’éviter de faire un examen” (de toute façon, la plupart du temps, on finit par passer l’examen en étant dans un état de fatigue mentale et physique extrême) L’anxiété est un trouble mental et donc, par définition, ne se contrôle pas et ne se commande pas , 2) Être anxieux ne permet pas d’éviter ses problèmes, puisque ça en rajoute !

En plus, ne pas reconnaître cette différence de taille entre le stress et l’anxiété pousse la plupart des personnes souffrant d’anxiété à s’en vouloir, être rongées par la culpabilité et se sentir comme des “incapables”, qui n’arrivent simplement pas à gérer, et de ce fait, de ne pas mériter de recevoir de l’aide.

Donc si vous vous retrouvez dans une situation où une personne souffrant d’anxiété est critiquée pour sa prétendue paresse, prenez la parole et expliquez cette différence fondamentale. Bien sûr, prendre un jour “off” parce que l’on est trop stressé est totalement justifié, même si l’on ne souffre pas d’anxiété. La santé mentale est aussi importante que la santé physique !

Stress is caused by an existing stress-causing factor or stressor. Anxiety is stress that continues after that stressor is gone. Stress can come from any situation or thought that makes you feel frustrated, angry, nervous, or even anxious. It’s important to note that what is stressful to one person is not necessarily stressful to another. 

Anxiety is a feeling of apprehension, fear or unease and is almost always accompanied by feelings of impending doom. Basically … you feel like you’re going to die from this panic attack. And honestly, it’s hard to believe that you’re going to be okay when you can’t breathe properly, your heart is racing and your head is spinning.

The best way to understand the difference between anxiety and stress is to apply these two words to a situation. Say that there is an exam coming up. It’s totally normal to be a little stressed the week before, but there is a problem if it is keeping you awake all night long and making you feel miserable all the time, afraid to leave the house, and that the feeling doesn’t go away even when you’re done with the exam. 

As I said before, I’m not sure exactly what triggers my anxiety, but I know that school played a big part in my panic attacks. And I’ve been told so many times (or heard people talking behind my back) that I was not doing my best, that I was letting stress get the best of me, that I was taking advantage of it to miss school, etc etc. Basically, that it was my fault and that I should just put on my big girl panties and be tougher. So, once and for all, I want to make something clear : anxiety is not a choice. And it is very different from stress in the way that it affects someone’s life.

And people with anxiety are not fucking lazy ! Every day and night is a battle to keep living a relatively normal life. So when people from my school were treating me like crap because they just assumed that I was faking having anxiety in order to skip school, I wish I could have given a guide to “stop judging people and educate yourself on mental illness”. It’s okay to not know anything about anxiety, but it’s definitely not okay to go about judging people and making them feel even worse than they already do. So please, if you find one of your friends in that kind of situation, try your best to advocate for them. :)

What to do if someone is having a panic attack

“On voudrait bien t’aider, mais dans ces moments là, on sait pas trop quoi faire.”

Ça aussi, je l’ai entendu. Et c’est une question totalement légitime ! C’est sûr que c’est déroutant pour une personne de voir un proche dans un tel état de panique, et il n’y a pas de honte à demander de l’aide pour mieux accompagner une personne qui a une ou des crises d’angoisses.

Et même si vous ne connaissez pas directement quelqu’un qui souffre d’anxiété, c’est toujours bien de savoir à peu près quoi faire si vous voyez quelqu’un dans cette situation dans un lieu public par exemple ! Et qu’on ne se dise pas que c’est une situation grave, parce que la personne peut très bien s’évanouir et tomber au mauvais endroit …

Certains des conseils que je vais vous donner sont universels, d’autres sont des réflexes de mes amies que j’ai remarqué avec le temps et qui m’ont aidé personnellement.

  • Rester avec la personne et garder son calme
  • Si la personne prend normalement un médicament dans cette situation, lui donner/rappeler de le prendre
  • Essayer de déplacer la personne dans un endroit calme (ex : au lycée, ne la laissez pas dans un couloir plein de monde mais emmenez la dans un lieu plus silencieux, avec moins de passage. Dans un bus, demandez aux gens de s’écarter et faîtes descendre la personne à l’arrêt le plus proche, etc.)
  • Demander à la personne ce dont elle a besoin pour qu’elle se sente en confiance et en contrôle. C’est un meilleur réflexe que d’assumer les envies de la personne à sa place et d’empirer encore plus les choses.
  • Ne pas bombarder la personne de questions du genre “Qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce qui t’as stressé?” -> Se concentrer sur la gestion de la crise et attendre un autre moment pour en parler.
  • Faire des phrases courtes, simples, claires, faciles à comprendre.
  • Expliquer à la personne ce que l’on fait pour qu’elle est le sentiment d’être en contrôle. Par exemple, si vous l’emmenez ailleurs, dîtes lui “On va aller dans un endroit plus calme, ça te va ?”.
  • Aider la personne à réguler sa respiration. (Par exemple, dîtes lui “inspire 5 secondes, expire 5 secondes.”) Autre chose : Le système sympathique prépare le corps à une situation de stress, de danger, tandis que le système parasympathique aide le corps à se détendre. L’inspiration stimule le système sympathique, l’expiration le système parasympathique. C’est pour ça que parfois, les personnes qui font une crise d’angoisse vont prendre de très grandes inspirations parce qu’elles pensent se préparer à un danger. Dans ces cas là, il faut les encourager à expirer plus longuement qu’elles n’inspirent (ex : inspirer 5 secondes, expirer 7 secondes) le temps que leur respiration redevienne normale.

Vous pouvez aussi rassurer la personne en lui disant par exemple :

  • “Tu vas y arriver.” ou “Ça va passer”
  • “Bravo. Je suis fière de toi. “
  • “Dis moi ce dont tu as besoin”
  • “Concentre toi sur ta respiration. Reste dans le présent.”
  • “Ce que tu ressens, ça fait peur, mais ce n’est pas dangereux.”

Enfin, sachez que les symptômes d’une crise d’angoisse sont similaires à ceux d’une crise cardiaque. Qu’est-ce que ça signifie ? Que la personne n’est pas en état de réfléchir et d’aborder la situation de manière rationnelle. C’est un moment où l’instinct de survie prend le dessus, et où l’on réfléchit pas comme d’habitude.

Application concrète : J’ai paniqué devant toute la cantine de mon lycée, mais franchement, sur le coup, le regard des autres était loin d’être ma priorité. J’essayais juste de respirer, et heureusement que mes amies ont eu le réflexe de me sortir du bâtiment, parce que ça ne m’avait même pas traversé l’esprit ! Dans ces moments là, on n’est pas en état de prendre des décisions ou de répondre aux interrogations de chacun. C’est une réelle situation de crise, d’où le nom de crise d’angoisse.

Je profite de cet article pour remercier mes amies qui ont fait de leur mieux pour m’aider et ont rendu ces derniers mois dans mon lycée supportables en étant là pour moi et avec moi dans ces situations où l’on se sent si seule et vulnérable. Elles m’ont rassurée et entourée. Elles ont vraiment pris soin de moi et je leur en suis extrêmement reconnaissante. Merci les filles ♡

Here are some amazing tips from WebMD that have worked really well for me. This is usually what my friends/family members do when I go full-on panic mode.

  • Stay with the person and keep calm.
  • Offer medicine if the person usually takes it during an attack.
  • Move the person to a quiet place. For example, if this happens at school, move the person to a quieter hallway or to the toilets (anywhere with less people and less noise is good).
  • Don’t make assumptions about what the person needs. Ask.
  • Speak to the person in short, simple sentences.
  • Be predictable. Avoid surprises.
  • Help slow the person’s breathing by breathing with him or her. For example, you can say “Inhale for 5 seconds, exhale for 5 seconds.”

You can also say things such as:

  • “You can get through this.”
  • “I am proud of you. Good job.”
  • “Tell me what you need now.”
  • “Concentrate on your breathing. Stay in the present.”
  • “What you are feeling is scary, but it is not dangerous.”

Shout out to my best friends who have helped me through many panic attacks at school and who did their best to take care of me. I’m so grateful to have them in my life!

What therapy is like …

Maintenant que l’on a abordé toutes ces questions, je voudrais parler de qui viens après la crise d’angoisse. Dans mon cas, c’était malheureusement des mois après mais bon !

C’est un sujet qui est assez tabou dans notre société : la psychothérapie. Et puisque c’est tabou, peu de gens osent y aller, malgré qu’ils en aient besoin, par peur d’être jugés ou simplement parce qu’ils ne savent pas du tout comment ça va se passer et qu’ils n’osent pas demander.

Comment ça a commencé pour moi ? Après m’être rendue compte que j’étais en train de perdre tous mes proches à cause de cette situation que je n’arrivais plus à gérer et puis aussi, il faut le dire : j’en avais vraiment, vraiment marre de la vie. J’ai attendu d’être au fond du fond pour demander de l’aide. Et encore, ce n’est pas moi qui ait pris le premier rendez-vous, parce que j’avais trop honte d’appeler au secours. Mais je suis fière de m’être lancé dans ce suivi thérapeutique. D’ailleurs, je vois aussi un sophrologue : j’ai donc deux séances par semaines pour ré-apprendre à parler, ce qui me fait très bizarre tant j’étais devenue mutique ces derniers mois.

Comment ça se passe ? Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas juste s’asseoir dans un fauteuil et se plaindre pendant une heure. Ça demande un vrai travail. Certes, parfois on rabache ses problèmes de la semaine et on essaye de voir ce qui revient dans notre récit et ce sur quoi il faut donc se pencher plus sérieusement, mais il faut aussi souvent accepter de se replonger dans de très mauvais souvenirs pour analyser la manière dont ils nous impactent aujourd’hui. C’est donc à la fois soulageant de pouvoir se confier, mais aussi épuisant d’expliquer tout ce qui nous mine.

Quand on me demande de fermer les yeux et de me replonger dans une certaine situation, d’entendre à nouveau résonner les mots des personnes qui m’ont mis dans un tel état d’angoisse (qui peut aussi s’exprimer par la colère, la tristesse ou la frustration), de revoir les endroits qui hantent mes cauchemars et de sentir mon corps ancré dans ces lieux, croyez-moi, je n’ai qu’une envie : me replier sur moi-même et garder les yeux ouverts. Quitte à ne pas en dormir.

Morale de l’histoire : aller chez un psy n’est pas une forme de faiblesse, mais bien de courage et de volonté.

Mais pour les personnes qui souhaitent se lancer là-dedans, rassurez-vous : ce n’est pas un cauchemar, la thérapie. Oui, ça demande des efforts, mais le sentiment de soulagement que l’on a en sortant d’une séance, parce qu’on sait que l’on n’est pas seul face à nos problèmes, c’est incroyable. Et pendant la séance, on est accompagné, guidé, rassuré par le docteur. Et j’ai vraiment le sentiment de faire des progrès à chaque séance.

En bref : le jeu en vaut la chandelle.

Pour ceux et celles qui voient déjà un psychiatre/psychothérapeute, j’ai un conseil à donner. Prenez le temps de prendre soin de vous après chaque séance, de réfléchir à ce qu’il vient de se passer. Parfois, une séance peut être particulièrement éprouvante et on peut ne pas être prêt à juste rentrer chez soi comme si de rien n’était. Ça m’arrive de m’asseoir seule dans le hall du bâtiment pendant quelques minutes, et de me poser, de respirer, fermer les yeux et prendre le temps de me remettre de mes émotions ou de repenser aux choses dont on a discuté durant la séance.

I’ve finally started therapy, after six months of denial. Therapy is great. It allows me to deal with this in a rational way and not alone, instead of feeling completely overwhelmed and lonely. But let’s face it : therapy is also a lot of work. Putting words on your emotions and talking about events that traumatized you does not make up for a nice afternoon. BUT it’s also incredibly rewarding and after a month and a half of therapy, I already feel like I made a lot of progress. It feels good to finally address the situation instead of just turning away from my problems and having them come back at me in the worst way.

I feel like a lot of people need therapy or would benefit from it but are too scared to go because asking for help is sometimes seen as being weak, but really, going to therapy is brave. It means you want to live your life in the best way possible. It means that you try to be a better person, for you and for your friends and family. And remember this : mental health is just as important as physical health.

The best advice I could give to anyone going to therapy is to take some time after a session to take care of yourself and reflect on what you talked about with your therapist. I sometimes sit in the hall of my therapist’s building to just breathe and think before I go back into the subway to get home. It allows me to process what happened and to cry or just stare at the walls if I need to. I know it might sound stupid, but self-care looks different to everyone ! Just give yourself time to rest after a therapy session because it can be exhausting to talk about horrible memories or things like that.

What to do if you’re struggling with anxiety

Si vous recevez déjà de l’aide : Soyez fières de vous-même pour les progrès que vous faîtes chaque jour, qu’ils soient petits ou grands. Et si il y a des jours où vous n’en faîtes pas du tout, rappelez vous de cette phrase : “Ce n’est pas grave si la seule chose que vous avez faite aujourd’hui est de survivre.” C’est même très bien. Ne considérez pas votre cause comme perdue simplement parce que vous ne voyez pas immédiatement les résultats de vos efforts, si frustrant que ça puisse être. Continuez à aller chez votre psy/thérapeute, à prendre vos médicaments, à faire de votre mieux et gardez espoir.

If you are already getting help : Be proud of yourself for making progress everyday. You know what they say, progress is progress, no matter how small. Also, remember this : “It’s okay if the only thing you did today was surviving.” Don’t give up on yourself just because you don’t see results right away. Keep going to therapy, keep taking your meds, and have faith in the future.

Si vous ne recevez pas d’aide :

À court-terme : Expliquez ce qu’il se passe à votre famille et à vos meilleur(e)s ami(e)s. Dîtes leur quand ça ne va pas, que vous vous sentez anxieu.x.se ou quand vous sentez qu’une crise d’angoisse arrive. N’attendez pas que vous soyez en plein dedans pour leur expliquer, tout simplement parce que vous ne serez pas en état. Essayez également de donner quelque clés à vos proches, sur comment vous aider en cas de problème. Et si c’est une discussion qui vous met mal à l’aise, conseillez-leur Wikihow, le site qui résout quasiment tous mes problèmes et qui explique de façon détaillé comment aider quelqu’un qui panique.

Pourquoi faire tout ça ? Parce que la perspective d’une crise d’angoisse est nettement moins effrayante quand on y est préparé et entouré de personnes capables de nous aider.

If you aren’t getting help (yet!) :

Short-term wise, tell your closest friends/your family what’s going on. At least, tell them when you’re feeling uneasy, anxious and feel like a panic attack is coming ; don’t wait until they find out, that is, when you go full-on panic mode. Why ? Because it is comforting and reassuring to know that if you feel anxious, people know how to help you and won’t be surprised by the situation when it happens. I used to worry about panicking in public because then everyone would know what is going on, but now that my friends know what to do in case that happens, panic attacks are a lot less scary.

À long-terme : Il faut demander de l’aide. À un prof, un conseiller d’éducation, l’infirmière du lycée, un collègue, un thérapeute, un ami, quelqu’un à qui vous faîtes confiance. L’important, c’est de ne pas se sentir isolé(e) et impuissant(e) face à la situation. Je sais à quel point c’est dur de demander de l’aide mais c’est la seule manière d’aller mieux, et le premier pas est le plus dur, après c’est plus facile. Si vous avez du mal à le faire seul(e), demandez à un ami ou un membre de votre famille de prendre le premier rendez-vous avec un professionnel voire d’y aller avec vous la première fois.

Acceptez que vous avez besoin que quelqu’un vous tienne la main. Acceptez que vous ne pouvez pas vous battre seul. Acceptez que demander de l’aide est une marque de courage, pas de faiblesse. On peut avoir l’impression qu’on peut contrôler un trouble mental soi-même, mais ce n’est pas vrai. On a besoin d’être accompagné(e), épaulé(e), encouragé(e).

Long-term wise, if you are struggling with anxiety or any type of mental illness, talk to someone. A teacher, a counselor, a relative, a friend, a therapist, anyone you trust. Talk to someone so you don’t feel so isolated and powerless. I know how hard it is to seek help but you have to do it in order to get better. 

At some point, you have to accept that you need someone to hold your hand.

At some point, you have to accept that you can’t do it alone.

At some point, you have to accept that seeking help is a sign of strength, not a sign of weakness.

J’ai attendu tellement longtemps que mon ‘problème’ se résolve de lui-même, et il n’a fait qu’empirer. Et je regrette de ne pas avoir demandé de l’aide plus tôt, avant que tout ne devienne encore plus compliqué. Alors s’il vous plait, si vous avez besoin d’aide, demandez-en. Il y a tellement de gens qui sont prêts à vous aider, et en mesure de le faire. Mais pour ça, ils doivent savoir ce qu’il se passe. Alors dîtes-leur.

Vous pouvez aussi faire un test en ligne d’abord si vous n’êtes pas sûrs d’avoir un problème, mais sachez que ces tests ne sont jamais surs à 100% et qu’ils ne remplacent pas le diagnostic d’un vrai docteur.

I waited for so long for my anxiety to get better, but it never did. It got way worse. And I wish I would’ve gone to therapy six months ago instead of now. So, please, if you need help, ask for it. There are so many people who want and CAN help you, but they need to know what is going on in order to do that. If you feel like you might have anxiety but you’re scared to talk to your doctor about it, you can always do an online screening first !

Alors dîtes le avec moi : Aujourd’hui, je vais demander de l’aide à un professionnel. Parce qu’il n’y a pas à avoir honte d’un trouble mental. Vivre avec est une preuve d’une force d’esprit phénoménale, de courage et de volonté, parce qu’il en faut pour affronter ses démons chaque jour. Mais ça ne veut pas dire que l’on devrait avoir à faire ça seul(e).

So say it with me : Today, I am going to seek professional help. Because mental illness is not something to be ashamed of. Living with it makes you brave. It means that you fight your demons every single day and that you fight for your life all the time. But it doesn’t mean that you should have to live like that.

Vous méritez d’être heureux.se et moi aussi. Vous ne méritez pas ce qui vous arrive. Soyez-en certains : ce n’est pas de votre faute. Et si vous vous demandez si vous êtes “assez malade” pour demander de l’aide, la réponse est oui. Ce que vous vivez et ressentez est valide. Personne ne devrait le remettre en question, et surtout pas vous. Ne doutez pas une seule seconde que vous ne méritez pas de recevoir l’aide dont vous avez besoin. N’attendez pas que la situation empire, demandez de l’aide maintenant.

I deserve to be happy and so do you. You don’t deserve all this shit. And if you’re wondering whether or not you’re “sick enough” to get help, you are. Your feelings are valid. Your struggles are valid. Don’t wait for it to get worse, start therapy NOW.

Je crois en vous et je suis sûre que vous réussirez à aller mieux. Et si vous avez besoin de parler, par mail ou sur les réseaux sociaux, je suis toujours là. Enfin, pour celles et ceux qui ne souffrent pas d’anxiété, je vous remercie d’avoir lu cet article jusqu’au bout et j’espère que vous comprenez mieux ce que c’est et que ça vous permettra d’aider ceux qui en souffrent autour de vous ! Ensemble, on peut contribuer à l’arrêt de la stigmatisation des personnes affectées par les troubles mentaux.

I believe in you and I believe that you will find happiness. And if you ever need to talk, email me or DM me on social media. I’m always there for you. Always. 

And for those of you who do not suffer from anxiety, I thank you from the bottom of my heart for reading this blog post. I hope that all this information will help you to have a better understanding of anxiety and to break the stigma around mental illness. 

With all my love,

XO Ari.

FacebookTwitterInstagram

Follow:

7 Comments

  1. July 30, 2017 / 2:06 am

    Coucou ma belle, merci pour tes commentaires <3 ton post me touche beaucoup car j'ai souvent fait des crises de panique durant mon adolescence et ça m'arrive encore quelque fois même si c'est de plus en plus rare. Ce que tu dis est très vrai et les conseils que tu donnes aux gens dans le cas où ils se retrouvent avec quelqu'un qui fait une crise sont très justes. Des bisous <3

    • Happiness Shipper ♡
      July 30, 2017 / 9:54 am

      De rien aha j’ai passé la soirée à lire tous tes articles les plus récents ! Merci à toi pour ton commentaire ! C’est encourageant de voir que ce post te touche, j’avais peur que ça n’intéresse personne mais apparemment j’ai bien fait de le poster :) xxx

      • July 30, 2017 / 9:25 pm

        Ooh tu es trop chou <3 et tu as bien fait de le poster c'est sûr! Il y a forcément des gens que ça va toucher même si ils n'osent pas forcément commenter! Des bisous ma beauté ❤️

  2. July 30, 2017 / 7:00 pm

    Coucou toi. Je trouve ça très courageux de ta part de prendre la décision d’écrire un tel article. Il est vrai que cela ne doit pas être simple pour toi de te dévoiler autant. Je suis très touchée par tes mots et prend bien en compte tout ce que tu nous dévoile. Je connais une amie qui fait régulièrement face à ce genre de crises d’angoisse lorsqu’il y a trop de monde (dans la queue pour rentrer en boite, dans la boite directement etc…) J’ai eu l’occasion d’assister à ses crises plusieurs fois et à l’aider. Et il est vrai que l’on ne sait pas toujours quoi faire. Bon maintenant j’ai un peu plus d’expérience haha. Mais je trouve ça important que tu communiques là dessus. Aussi bien pour aider les personnes touchées que ceux qui assisterons probablement à ces crises.

    Je te fais pleins de bisous <3

    • Happiness Shipper ♡
      July 31, 2017 / 11:18 am

      Merci beaucoup Noémie ♡ Avec le temps, je me suis rendue compte que l’anxiété touchait beaucoup plus de gens que ce que je pensait et ça m’a paru important d’en parler pour ouvrir la discussion. Bravo pour avoir aidé ton amie, ce n’est pas tout le monde qui reste à nos côtés dans ces moments là et c’est vrai que ça doit pas être une situation évidente à gérer !
      Merci pour ton soutien et ton commentaire. xxx

  3. emmaxgranger
    July 30, 2017 / 7:07 pm

    Coucou ma belle , merci pour ce merveilleux post ! Déjà bravo pour avoir eu le courage d’en parler vraiment. Ton article est très très bien écrit et je suis certaine qu’il aidera beaucoup de monde.

    Des bisous :)

    • Happiness Shipper ♡
      July 31, 2017 / 11:22 am

      Merci beaucoup à toi de l’avoir lu et pour ce commentaire qui me fait super plaisir ! S’il peut aider même une personne, ça sera génial. Il y a quelques mois, je ne savais même pas ce que c’était l’anxiété et je croyais être seule à vivre ça. Si quelqu’un ressent la même chose en ce moment, c’est important qu’il ou elle sache que c’est un vrai problème, reconnu et soigné.
      Bref ! Je suis super contente que mon article t’ait plu et j’espère qu’il permettra de sensibiliser un maximum de personnes sur l’anxiété.
      Bisous xxx

Leave a comment